Néolibéralisme, anarchie et consumérisme

Dans ce texte, je me pencherai sur la question de l’anarchisme au sein du néolibéralisme et j’offrirai une critique du système consumériste et de notre rôle en tant que citoyens du monde.

 

Commençons par une définition simple de ce qu’est l’anarchie, pour tuer la bête dès le commencement et détruire les fausses conceptions. Voyons d’abord la définition du dictionnaire Larousse ‘’État d’une société caractérisée par un gouvernement ne disposant pas de l’autorité nécessaire, et en prise à des conflits désordonnés : Faire sortir un pays de l’anarchie.’’ ou encore ‘’État de désordre, de confusion dans un domaine d’activité, du fait de l’absence de règles, ou de leur inobservation : Anarchie économique, monétaire.’’, mais bon, bien que sensée être la vérité, nous ne nous intéresserons pas à cette définition. La définition qui nous intéresse sera plutôt celle faite par les anarchistes, comme celle-ci, donnée par Francis Dupuis-Déri : ‘’L’anarchisme comme je le conçois considère que l’autonomie collective et la liberté individuelle sont indissociables, et que l’égalité est aussi importante que la liberté, tout comme la solidarité.’’. Selon moi, cette définition résume bien l’ensemble des pensées anarchistes.

 

Par la suite, nous entrons dans la critique commune de tous les anarchistes, le néolibéralisme. La définition simple du néolibéralisme irait comme suit : ‘’Doctrine qui prône une liberté maximale pour les entreprises et le minimum d’intervention de l’état.’’. Cette doctrine est largement critiquée par les anarchistes du monde puisqu’elle réduit le citoyen à un simple outil de production des compagnies qui passent leur vie à nous préparer au monde oppressant du travail.

 

À un âge où les priorités sont autres, nous sommes lancés dans le monde de l’école qui nous apprend les belles règles de ce monde. L’école nous apprend à se laisser contrôler par des êtres supposément supérieurs, les professeurs. L’école nous apprend à vivre selon des horaires conçus par des gens qui jugent que nous devons manger, dormir, nous réveiller et sortir à des heures précises.  L’école, dans plusieurs de ses établissements, nous oblige à nous vêtir d’une certaine façon sous peine de sanctions. L’école nous apprend à accepter notre sort de soumission à une autorité illégitime pour finalement nous lancer sur le marché du travail.

 

Au travail, nous sommes dirigés par un  patron, qui prend toutes les décisions pour nous et empêche toute liberté individuelle lors de notre service pour l’entreprise, même parfois dans nos vies personnelles, car nous ‘’représentons l’entreprise partout’’. Au travail, nous sommes soumis à des horaires spécifiques pour manger, dormir, nous réveiller et sortir à des heures précises. Au travail, nous devons avoir un certain code vestimentaire sous peine de sanctions disciplinaires. Au travail, nous devons accepter toute forme d’autorité illégitime pour finalement nous résigner et accepter. L’organisation capitaliste du travail selon le néolibéralisme n’est donc qu’une longue ascension vers la domination et l’exploitation d’individus au profit de leur liberté individuelle et de l’enrichissement privé.

 

Lançons-nous donc dans une mise en contexte du monde moderne. Une société de consommation où l’employeur ne paie pas vraiment ses employés, mais bien le client par le biais de ses achats. Une société où l’argent et le profit ont pris le dessus sur la condition favorable à l’épanouissement humain. Une société où nous sommes constamment publicisés, ou notre seul pouvoir est monétaire et où la célèbre citation ‘’le temps c’est de l’argent’’ domine nos vies. Qui sommes-nous alors dans ce système qui nous veut consommateurs, et non penseurs? Effectivement, les entreprises, par le biais de la publicité, tentent de nous vendre un mode de vie, une idéologie, une nouvelle identité matérialiste de bonheur et de prospérité. Le message est à peu près toujours le même : achetez notre produit et vos vies changeront! Vous aurez accès à un mode de vie différent, toujours plus beau, plus attendrissant, plus riche! Nous devenons alors ce que nous consommons. Nos fonctions sociales ne sont alors plus celles de la collectivité, la solidarité, la liberté et l’égalité, mais bien celles d’assouvir nos moindres désirs par le bien matériel et par la réussite par la possession. Par contre, il ne faut jamais oublier de rester les deux pieds sur terre et de ne pas lancer notre argent par les fenêtres, ah ce merveilleux bout de papier, il ne faudrait surtout pas venir à en manquer! Que pouvons-nous faire alors pour utiliser ce pouvoir qui nous est mis entre les mains sans suivre le chemin donné par les grandes multinationales?

 

Il est important, même primordial, de se bâtir un esprit critique pour ne pas accepter et éponger tout ce qu’on nous dit pour ensuite l’exécuter sans conscience réelle de nos gestes. Nos gestes, mêmes et surtout de consommateurs, ont de réelles conséquences sur le monde qui nous entoure et sur les valeurs véhiculées en société. Prenons, par exemple, le mouvement végétarien ou végétalien, qui utilise beaucoup le principe du pouvoir d’achat pour réduire les conséquences de l’industrie agroalimentaire sur la souffrance animale et l’environnement. Pourquoi alors ne pas utiliser ce principe dans nos vies quotidiennes? En effet, en 2012, selon l’Organisation Internationale du Travail, 168 millions d’enfants travaillent dans le monde. N’oublions surtout pas que le travail de ces enfants est en majeure partie dû à notre société d’abondance inexistante et de surconsommation. En prenant simplement cet exemple, et en réfléchissant sur l’impact de nos achats, nous pourrions alors décider de n’acheter que les produits qui nous informent proprement de leur provenance ou les produits locaux. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais il porte à grande réflexion sur notre impact non pas à l’échelle simplement de notre ville, notre province ou notre pays, mais à l’échelle planétaire.

 

Finalement, je crois qu’il est important en tant que citoyens du monde de reprendre le pouvoir qui nous revient pour intervenir dans les problèmes internationaux. Oublions la politique comme nous la connaissons un instant, puisque, comme nous l’avons vu dans les derniers siècles, elle ne permet pas vraiment de grands changements importants, mais concentrons-nous donc sur notre pouvoir en tant qu’individu, en tant que citoyens du monde, et prenons des choix éclairés pour bâtir un monde meilleur pour tous et toutes. L’information est la clé de tout grands changements dans l’histoire, nous y avons accès, il ne nous suffit maintenant que de l’utiliser de la bonne façon. Le choix nous revient, le prendrez-vous?

Par Alexandra Barbeau-Arial

1 http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/anarchie/3271

2 http://zangomedia.fr/2015/06/francis-cest-quoi-lanarchie/

3 http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/neoliberalisme/

4 http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_221649/lang–fr/index.htm

via Opinions

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